Analyse par secteur : un bilan plus contrasté
Les émissions liées aux secteurs du bâtiment (tertiaire et résidentiel) et du transport (transport de marchandises et déplacement de personnes) sont en forte hausse entre 1990 et 2019 (respectivement +25,4 % et + 13,5 %). À l’inverse, l’agriculture (-10 %) mais surtout l’industrie (-50 %) voient leurs émissions de GES baisser significativement.
Pour les secteurs du résidentiel et du tertiaire, les améliorations en matière de performance énergétique des bâtiments et les changements d’énergie ne permettent pas de compenser la forte augmentation des surfaces construites, notamment dans le secteur tertiaire. En matière de transport, la croissance des émissions est directement reliée à celle de la consommation énergétique qui se justifie par l’augmentation de la mobilité des particuliers et par l’explosion du trafic de poids lourds sur les 30 dernières années.
Dans l’agriculture, les émissions de l’élevage - qui prennent en compte les émissions directes dues aux déjections animales et la fermentation entérique - ont reculé, du fait de la baisse des cheptels ruminants, principalement bovins. Les émissions des sols agricoles sont également en baisse, en raison d’une moindre utilisation des engrais azotés. En ce qui concerne le secteur de l’industrie, la baisse des émissions depuis 1990 s’explique par plusieurs facteurs : la désindustrialisation locale de l’économie, la diminution de la consommation d’énergies au contenu carbone élevé (substitution du charbon et des produits pétroliers au profit du gaz, de l’électricité et du bois) et les efforts réalisés par les industries minérales (cimenteries, tuileries, verreries et autres) dans la réduction des émissions de GES liées à la décarbonatation. Fin 2017, l'arrêt du four de la cimenterie de La Couronne (16) améliore sensiblement le bilan des émissions régionales de gaz à effet de serre.
Analyse par gaz : la prépondérance des émissions de CO2 d'origine énergétique
La décomposition des émissions de GES en fonction des types de gaz permet de comprendre les évolutions des émissions sur les 30 dernières années : on constate ainsi que ce sont principalement les émissions d’origine énergétique (CO2 en très grande majorité) qui ont progressé entre 1990 et 2005 avant de diminuer depuis 2005. Ce constat est valable tout particulièrement dans les secteurs du transport et du bâtiment (résidentiel/tertiaire).
Inversement, les émissions non énergétiques sont orientées à la baisse : il s’agit pour la plupart d’entre elles des émissions de méthane et de protoxyde d’azote dans l’agriculture, ainsi que des émissions du secteur du traitement des déchets. Cette baisse des émissions dans ces deux secteurs est toutefois limitée par la hausse des émissions de gaz fluorés, tout particulièrement dans le résidentiel/tertiaire (usage de la climatisation).
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